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Prix « Jeunesse pour l’égalité » 2018 : les lauréats sont...

30 mars 2018
La cinquième cérémonie de remise des prix du concours « Jeunesse pour l’égalité », organisé par l’Observatoire des inégalités, s’est déroulée mercredi 28 mars dernier, dans la salle du Conseil de l’Hôtel de Ville de Paris. Fin du suspense avec les gagnants de cette édition. Lire la suite

Prix « Jeunesse pour l’égalité » : les nominés sont...

20 février 2018
L’Observatoire des inégalités publie la liste des nominés pour le Prix « Jeunesse pour l’égalité » 2018. La remise des prix aura lieu le 28 mars à l’Hôtel de Ville de Paris. Lire la suite

Prix "Jeunesse pour l’égalité 2017-2018" : 1 800 participants

9 octobre 2017
Les inscriptions à la cinquième édition du Prix « Jeunesse pour l’égalité » sont closes depuis le 31 janvier minuit. 500 réalisations reçues au total pour 1 800 participants. « Stop aux clichés et aux discriminations » nous disent les jeunes dans leurs nombreuses créations visuelles. Lire la suite

Changeons les règles du jeu

26 avril 2017
Retard scolaire des élèves de milieux modestes, discriminations dans l’accès au logement, salaires plus faibles des femmes : il est temps de changer les règles du jeu. Tel est le message du film réalisé par l’agence Herezie pour l’Observatoire des inégalités. À partager massivement. Lire la suite

Prix « Jeunesse pour l’égalité » 2017 : la liste des nominés

1er février 2017
L’Observatoire des inégalités publie la liste des nominés pour le Prix "Jeunesse pour l’égalité" 2017. Et maintenant, en route pour la remise des prix le 22 mars prochain. Lire la suite


Jeunes : l’égalité vous appartient

29 mai 2018 L’Observatoire des inégalités publie un nouvel ouvrage, Les inégalités expliquées aux jeunes. L’occasion pour Nina Schmidt, responsable du projet « Jeunesse pour l’égalité », de rappeler l’importance de la sensibilisation des plus jeunes.


C’est l’histoire d’une fille de profs qui sympathise, au collège, avec une fille de chômeurs. La première a de très bonnes notes. La seconde a plus de mal mais ne refuse pas l’aide de sa nouvelle amie pour les devoirs. Les deux jeunes filles s’invitent l’une chez l’autre. La première pénètre enfin dans cet immeuble qui trône au centre de leur quartier et qu’elle sait être habité par des gens bien moins aisés qu’elle. Elle voit vite que la « chambre » de son amie est un minuscule « bureau » sans lit, attenant au salon, sans porte. Elle comprend mieux les allusions aux films du soir de son amie qu’elle enviait pour avoir le droit de les regarder (elle, elle n’a pas la télé).

Difficile de savoir ce que l’autre a dans la tête quand elle pousse la porte du spacieux logement de fonction, une maison, dans lequel son amie vit avec sa mère et sa petite sœur. Sans doute la même curiosité heureuse. Qui ne durera pas. Un jour, la seconde refuse qu’elles se revoient. Pour explication : les services sociaux seraient passés chez elle et sa mère aurait décrété que son amie et sa famille seraient à l’origine de leur venue. Les deux jeunes filles ne se parleront plus. Sans doute chacune blessée. Pour la première, d’être accusée d’un jugement de supériorité et de dénonciation. Pour la seconde, d’être renvoyée à sa condition défavorisée.

Éviter que ce malentendu se reproduise trop souvent : c’est ce qui nous anime aujourd’hui dans notre travail à l’Observatoire des inégalités, en direction de la jeunesse. C’est ce qui est au cœur de notre nouvel ouvrage Les inégalités expliquées aux jeunes, mais aussi de l’ensemble de nos actions à destination des jeunes [1], à l’instar du Prix « Jeunesse pour l’égalité », concours de création visuelle à destination des 11-25 ans qui constitue chaque année une démonstration du puissant sens critique des générations récentes.

Des générations indignées – comme le sont les enfants de la vidéo « Un jeu de société » réalisée par l’agence Herezie pour le compte de l’Observatoire des inégalités – quand on leur explique les nouvelles règles du Monopoly. Quelles réactions auriez-vous si les six faces des dés que l’on vous tendait, étaient toutes marquées d’un « 1 » ? « Ce n’est pas juste », « ce n’est pas juste du tout, même » s’insurgent les jeunes joueurs.

Douche froide

La situation des jeunes adultes en France est préoccupante. Un jeune actif sur cinq est au chômage, un sur deux en emploi précaire, un tiers de leur budget est consacré au logement. Face à ce constat, qui n’est pas nouveau, les actes ne suivent toujours pas. Dans les discours, on s’inquiète de cette situation, dans les faits, on supprime les contrats aidés et on baisse des allocations logement. Mauvais signal.

La promesse républicaine, non tenue, de l’égalité pour tous alimente la frustration. Celle des jeunes de milieux populaires, plus diplômés que leurs parents et que l’on prie de rester malgré tout à leur place. Celle des jeunes de familles plus aisées qui ne réussissent pas, qui ne rentrent pas dans le moule scolaire du « bon élève » et qui finalement échouent. La frustration aussi des jeunes diplômés à qui l’on n’offre que des bouts d’emplois flexibles, à l’opposé de leurs espérances. C’est la douche froide à l’entrée du marché du travail.

Parfois, la colère monte et éclate. Pour quel résultat ? Quelques jours ou semaines d’attention du reste de la population, pour quelques années d’amertume de ces jeunes-là. Au mieux, ils se lassent de croire au changement et se détournent de la politique – en tout cas de ses formes traditionnelles. Au pire, ils nourrissent un profond ressentiment qui se traduit par une adhésion croissante à l’extrême droite de l’échiquier politique. Leur mépris répond à celui des adultes aux commandes.

Mieux se connaître

Notre programme à destination des jeunes vise à faire prendre conscience des situations opposées qui se jouent dans une même classe à l’école, dans un même quartier, etc. Nous voulons faire comprendre notamment aux plus jeunes, collégiens, lycéens, que certains ont les ressources nécessaires à leur réussite telle que notre société la conçoit (avoir un travail, des diplômes et des responsabilités, un toit, partir en vacances), que d’autres n’ont pas.

Au-delà, notre objectif est d’inviter ces jeunes à une compréhension mutuelle. La compréhension de nos différences. C’est la clé pour mieux saisir ce qui, au-delà de la couleur de notre peau, de notre sexualité, de nos origines, nous lie : humanité. Qui se ressemble s’assemble, et c’est légitime. Nous ne l’éviterons pas mais nous pouvons développer une ouverture d’esprit, favoriser une attention aux autres, réduire les incompréhensions pour que les jeunes, citoyens de demain, se traitent d’égal à égal.

Notre rôle est aussi d’éviter le repli, l’enfermement, le fatalisme, le chacun pour soi et le chacun à sa place, celle qui lui est attribuée trop vite par la société. Nous ne nions pas le poids des origines sociales, culturelles ou du genre : nous serions mal placés à l’Observatoire des inégalités pour déclarer que « quand on veut, on peut ». Si c’était si simple… Mais notre action aurait peu de sens si elle se cantonnait à enfermer les jeunes dans une dénonciation et une dramatisation des écarts qui ne pourrait conduire qu’à ce fatalisme. Contre les inégalités et pour avancer vers un monde plus juste, pour les jeunes comme pour les plus âgés, l’information est une arme.

Nina Schmidt, fille de profs et responsable du projet « Jeunesse pour l’égalité » de l’Observatoire des inégalités.

Illustration réalisée par © Damien Roudeau.

Notes